Interview Maitre Fanny Aboubacar (Président fédération ivoirienne de karaté et disciplines associées) : « Nous voulons tout révolutionner »

Le patron du karaté en Côte d’Ivoire a passé les sujets brûlants de sa fédération au peigne fin avec votre site préférés. Entretien.

Président, il y a eu des rififis lors de votre élection à la tête de la fédé. Pouvez-vous revenir sur cet épisode ?

Avant les élections, il y a eu un petit problème. A ce sujet, il était prévu qu’on se réfère à la tutelle qui est le ministère des Sports en cas de conflit. C’est ainsi qu’un des candidats qui ne remplissait pas toutes les conditions voulait forcément être candidat. Pour cela nous avons fait recours à la tutelle qui nous fit savoir qu’elle ne pouvait plus s’ingérer dans les affaires internes des fédérations  et qu’il fallait qu’en notre sein,  nous trouvions une solution. Nous avons donc touché la Conférence des fédérations nationales qui est en quelque sorte notre faitière pour essayer de se pencher sur notre cas. A cet effet, nous remercions le président Mamadou Soumahoro qui nous a encouragé à prendre une sage décision allant dans le sens de la paix. Chose que volontiers, j’ai acceptée en leur permettant de se présenter aux élections. Ils doivent leurs candidatures au président Soumahoro Mamadou parce que sans lui j’appliquais les  textes sachant pertinemment qu’il fallait quatre termes pour être élu. Et pire, l’un des candidats ne respectait pas toutes les conditions d’éligibilité. Juste vous dire que tout le monde a été candidat pour éviter l’imbroglio.

En dépit de tout ce qui s’est passé, est ce qu’on peut désormais dire que les dissensions au sein de la fédération ivoirienne de Karaté et disciplines associées sont derrière ?

J’ai eu la chance d’être très tôt intégré dans ce monde de Karaté entant que pratiquant et dirigeant. J’ai milité dans trois mandatures différentes. Au Karaté nous sommes  tous des frères et soulignons que différemment à certaines fédérations d’autres pays, ici en Côte-d’Ivoire il y a une stabilité favorable à la pratique de notre discipline. Il y a du travail à faire il faut que tout le monde s’y mette.

Aujourd’hui dans toutes les disciplines il y a des figures de proue. Pourquoi au Karaté on ne trouve pas de telles figures qui tirent tout le monde vers le haut ?

Le Karaté est pluridisciplinaire. Il y a plusieurs styles qui, parfois se regroupent avec des meilleurs de ces écoles. Au niveau de la fédération mondiale il existe des règles bien établies. Ici, nous avons des champions selon les disciplines, un arbitre mondial, un juge et nous comptons à sortie du championnat d’Afrique accroitre le nombre de nos champions et nous aurons des champions.

Nous savons qu’en Côte-d’Ivoire, les disciplines dites majeures ont de sérieux problèmes d’infrastructures a fortiori le Karaté même si vous n’êtes pas une fédération mineure. N’est- ce pas un frein à l’éclosion de vos athlètes ?

On ne peut pas faire des omelettes sans casser les œufs. Je loue l’initiative de l’Etat ivoirien et du ministère qui nous encouragent à la responsabilisation, la professionnalisation et à avoir l’entière confiance des éventuels partenaires. Ce qui nous permettra à notre niveau de mieux nous organiser, de gérer notre fédération comme une entreprise, de vivre de notre art et nous doter d’un logiciel de gestion qui nous aidera à lutter efficacement contre les * dojos clandestins* c’est-à-dire tous ceux qui ne sont pas affiliés à la fédération. De même on essaie d’installer dans toutes les régions du pays des ligues dans le but de promouvoir cette noble discipline qu’est le Karaté. Dans ce sens à partir de votre smartphone les parents pourront avoir accès à toutes les informations concernant leurs enfants, athlètes. Il leur suffira de taper leur identifiant, un code à dix (10) chiffres le nom de leur club, instructeur et autre apparaitra. Nous voulons tout révolutionner  pour une discipline vieille que le taekwondo car existant depuis 1962 qui manque d’archives et de continuité. Tout ceci pour maitriser le nombre d’affiliés.

Est-ce qu’aujourd’hui retrouver l’échiquier international sonne t’il comme une priorité ?

L’organisation du Championnat d’Afrique en 2021 est un évènement de haut niveau. D’ailleurs dès le mois de Mars des responsables africains viendront en prospection à Abidjan. Le Président de la Fédération Mondiale m’a confié qu’il souhaiterait faire de la Côte-d’Ivoire la plateforme Ouest africaine. Rappelez-vous que nous étions des années en arrière au niveau du Maghreb. L’Egypte actuellement a un niveau mondial.

Dans le désir ardent de retrouver l’éclat du Karaté ivoirien, le maitre Sensei Kamel était en stage ici. Que retenez de ce Stage ?

Sensei Kamel est un grand Expert. Il a un bon cœur. En plus de nos techniques renforcées, il a favorisé l’arrivée prochaine en Avril du Président de la Fédération Mondiale du Shinto Ryu. Grace à maitre Kamel il a accepté humblement d’effectuer son tout premier voyage en terre africaine. Aussi, l’ex champion du monde Jean Pierre Fisher sera dans nos murs d’ici quelques jours. Tout cela nous permettra de relever le niveau de notre Karaté qui regorge de très bonnes pépinières.

Président, est ce qu’on peut affirmer que le Karaté ivoirien signe son grand retour sur le continent africain ?

C’est obligé. Nos pères l’ont fait et nous devons maintenir cette logique. Je suis vice-président de notre zone. Je vise l’instance mondiale car étant là-bas si vous payez régulièrement vos cotisations vous êtes toujours récompensés. Et quand ils sont en compétition, les médailles se partagent.

Président, la pratique du Sport en Côte-d’Ivoire nécessite beaucoup de moyen et avec la professionnalisation. De votre côté commencez-vous à réunir les moyens pour que votre fédération grandisse ?

Je disais tout à l’heure qu’il va falloir changer d’attitude. On ne peut pas être instructeur de salle et gestionnaire en même temps. Il faut qu’on puisse collaborer avec certains spécialistes pour profiter de leur savoir. On a un boulot énorme qui nous attend et on a besoin de tout le monde pas forcément des pratiquants du Karaté.

                           Réalisée par Sanh Séverin




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