Basketball / Jean François Bro Grébé (ancien international ivoirien) : « Pourquoi j’aide les Eléphants »

Ancien international basketteur ivoirien, Jean-François Bro Grébé vit à Los Angeles, aux Etats-Unis. Directeur de sa propre entreprise, il évolue dans le monde des affaires au pays de l’oncle Sam. Sollicité par la Fédération Ivoirienne de Basketball (FIBB), il a accepté de l’aider à mettre en œuvre son programme de préparation de l’équipe nationale pour la Coupe du monde 2019, en Chine (du 31 août au 16 septembre). Il donne les raisons de son soutien et dévoile ce qu’il prévoit faire. 

Vous êtes à Abidjan dans le cadre d’un partenariat avec la FIBB pour la Coupe du monde 2019. Pouvez-vous nous en dire davantage ?


C’est avec beaucoup de plaisir que je retrouve Abidjan. Je remercie le président de la Fédération, Agui Mathieu, et tout son staff pour cette opportunité qui m’est offerte d’aider mon pays. En tant qu’Ivoirien et ancien joueur de l’équipe nationale, c’est avec beaucoup de joie que je le fais. Le président et moi avons souvent parlé d’une éventuelle collaboration. A l’occasion de la Coupe du monde de basketball, c’est chose faite. Pour avoir été en équipe nationale, je connais les difficultés qu’éprouve la fédération pour la préparation de l’équipe et même pour la participation aux compétitions internationales. Je sais que ce n’est pas facile pour la Fédération. Etre qualifié pour une coupe du monde, quelle que soit la discipline, c’est très important. Mais, j’ai l’impression qu’on ne prend pas cela au sérieux en Côte d’Ivoire. 

Pourquoi dites-vous cela ?


Je suis heureux que le président Agui Mathieu soit en contact direct avec le ministre des Sports. Nous le remercions pour ses efforts. Mais, dans mon entendement, cette coupe du monde ne devrait pas être juste l’affaire du ministère et de la fédération. C’est tout le monde qui doit se sentir concerné. Si nous voulons arriver à faire une belle coupe du monde et même se positionner dans le monde du basket mondial, nous devons nous mobiliser. Pour un joueur, ce serait très démotivant de débarquer en Chine et de ne pas se sentir supporté. Il faut du soutien à l’équipe. Que ce soient le gouvernement, les sociétés de la place, les populations, les médias ou la diaspora, tout le monde doit se sentir concerné. 

Que faites-vous au niveau de la diaspora ?


Je suis en contact avec beaucoup d’anciens internationaux ivoiriens vivant à l’étranger. Nous avons des groupes whatsapp, nous nous parlons. C’est pour l’intérêt de la Côte d’Ivoire. Nous jouons le match d’ouverture le 31 août. Ce sera au moins 500 millions de téléspectateurs qui vont regarder le match et chercher à savoir c’est qui la Côte d’Ivoire. 18% de la population chinoise jouent au basket. La Chine, c’est 1,3 milliards d’habitants. Faites le calcul vous-même. Cette coupe du monde, c’est une énorme opportunité pour notre pays de se positionner. Pour ma part, je me mets à la disposition de mon pays et de la fédération. Au niveau de ma structure aux Etats-Unis, nous allons faire tout ce qui est nécessaire pour aider cette sélection ivoirienne à bien se préparer pour se qualifier pour le deuxième tour de la compétition. Avec la Chine, la Pogne et le Venezuela dans notre poule, c’est possible. J’ai confiance aux joueurs de l’équipe. Ils sont motivés. Seulement, ils attendent de nous tous, y compris les médias, du soutien.  

Pour le budget de la campagne, la fédération a demandé 500 millions de F CFA. L’Etat ne lui a accordé que la moitié. Pensez-vous que ce soit suffisant pour faire une bonne campagne ?
Je connais certaines équipes nationales qualifiées pour cette coupe du monde qui sont au minimum à un budget de10 millions de dollars (soit 5 milliards de F CFA). Et ce ne sont pas nécessairement des nations fortes. C’est simplement parce qu’il s’agit d’une coupe du monde. De même qu’on ne peut pas amener des soldats à la guerre sans armes, on ne peut aller à une telle compétition majeure démuni et sans soutien. Le pays dans toutes ses composantes doit s’organiser de façon à ce que l’équipe ait les moyens, des ressources additionnelles, pour faire une bonne campagne en Chine.

Que compte faire concrètement votre structure pour aider la fédération ?

Nous avons prévu organiser des événements dans chaque pays où nous allons faire la préparation, à commencer par la Côte d’Ivoire. Nous allons présenter l’équipe et susciter de l’engouement autour d’elle. Nous allons également organiser des événements socio-culturels. Nous nous chargeons de mobiliser des sponsors à cet effet. C’est l’occasion pour nous de lancer un appel aux sociétés ivoiriennes pour qu’elles adhèrent au projet et acceptent d’accompagner l’équipe nationale. 

On vous sent très engagé auprès de la sélection nationale. D’où tirez-vous cette force ?

Je suis entré en équipe nationale pour la première fois à 14 ans, en minimes. J’ai fait toutes les sélections de jeunes jusqu’en sénior. J’ai joué au niveau universitaire aux Etats-Unis. Je connais donc bien le domaine du sport en général, du basketball en particulier. Cela  fait dix-huit ans que je suis aux Etats-Unis où j’ai créé ma compagnie depuis dix ans. Je suis dans les affaires. J’étais de passage à Abidjan au mois de février quand j’ai rencontré le président Agui Mathieu. Il m’a expliqué ce qui se passait avec l’équipe nationale. C’est incroyable. Quand il m’a sollicité, pour moi, c’était tout à fait naturel d’accepter. Je n’ai même pas eu à réfléchir. Il s’agit de mon pays. En plus, les gars qui sont dans l’équipe, je les connais tous, ce sont mes frères. La fédération, c’est ma famille. Je suis heureux d’apporter ma contribution.  

Comment la sélection ivoirienne est-elle perçue aux Etats-Unis ?

Aux Etats-Unis, quand j’ai commencé à parler des difficultés rencontrées par la sélection ivoirienne, ça choqué les gens autour de moi. Au Mondial, il n’y a que 32 équipes qualifiées, 32 nations. C’est un privilège. Et quand je leur dis que le pays n’a pas beaucoup d’argent pour accompagner son équipe, ils sont étonnés. Mais, eux, ils connaissent bien le basketball et son industrie. Ils ont tout de suite adhéré au projet que je leur ai proposé. Notre objectif est de montrer les valeurs de notre pays à travers le basketball. Sinon notre équipe nationale est très bien perçue aux Etats-Unis parce que les gens estiment que si elle est parmi les 32 meilleures nations de basketball au monde, c’est qu’elle a du mérite.  


Source : Le Sport




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