Basket Agui Mathieu (Pdt de la FIBB): « Pour des arriérés de primes, la Côte d’Ivoire risque de ne pas participer au prochain mondial de Basket »

Les choses bougent au niveau du basket ivoirien. Tout commence le 2  février prochain avec  l’Assemblée Générale Ordinaire de l’instance fédérale. L’occasion pour le comité directeur de présenter son bilan et dégager les grandes lignes de la saison dont le démarrage est annoncée pour le 6  février prochain. Avant cette échéance, Agui Miezan Mathieu, le patron du basket ivoirien, a bien voulu se prêter à nos questions. Entretien.  

M. Le président, vous aviez annoncé le démarrage de vos compétitions en janvier, et à présent, l’on parle plutôt  de la tenue d’une Assemblée Générale Ordinaire  qui se tiendra en février. Qu’est-ce qui explique ce changement ?

Effectivement  le comité directeur avait émis le souhait de commencer les compétitions début janvier 2019, mais il est  clair que nous devrions d’abord rencontrer les clubs, pour échanges. Et  c’est après concertation que nous nous sommes mis d’accord pour  l’organisation d’une Assemblée Générale Ordinaire à l’effet de faire le bilan de la saison écoulée. Et c’est la date du 2 février qui a été retenue pour la tenue de cette AGO. Il faut savoir que cette AGO est statutaire.  Et la semaine qui suit  c’est-à-dire le 6 février, nous démarrerons effectivement  les compétitions avec le championnat national.

La fédération a-t-elle ouvert la période d’engagement et d’affiliation ?   

La fédération a déjà ouvert la période d’affiliation et c’est aux clubs de prendre les dispositions nécessaires. Je vous rassure que le processus  est  en marche et les clubs ont déjà commencé à se mettre à jour. Nous pensons que d’ici peu, les autres suivront.

Lors de la présentation des vœux au ministre des Sports, il a été demandé aux fédérations de songer à étendre leurs activités dans les villes de l’intérieur. Cet appel vous concerne-t-il ?

S’agissant du basket, sachez que nous jouons sur toute l’étendue du territoire national, à travers nos différentes  ligues. Au niveau fédéral, nous  sommes assez satisfaits du travail abattu par ces relais. Nous avons de nouvelles  ligues qui sont en train  de se mettre en place, notamment à Bondoukou, Odienné, Séguéla et Dimbokro. Et je pense que dans deux ou trois ans, le nombre de ligues va doubler; ce qui serait une très bonne chose pour la promotion du basket. Cela fait partie de nos priorités au niveau de la fédération.

Sous  quel signe placez-vous la présente saison ?

Nous plaçons nos compétitions, cette année, sous le signe de la fraternité. Cela  fait trois ans que nous sommes en place et nous sommes à notre dernière année de saison sportive de premier  mandat. Nous avons pu mener à bien nos activités malgré les  difficultés. Sachez que notre détermination est grande pour faire avancer les choses. Aussi, nous  avons des installations, ce qui favorise l’organisation parfaite de nos compétitions.

Au niveau des compétitions africaines, la FIBA-Afrique vient de lancer une nouvelle formule de compétition qui remplace les clubs champions, et malheureusement, aucun club ivoirien ne participe à cette nouvelle formule. A quoi cela est-il dû ?

Je suis désolé mais  cela  est dû au manque de moyens financiers. Ce qu’il faut savoir c’est que les compétitions des clubs sont financées par l’Etat de Côte d’ivoire, par le truchement du ministère des Sports. Il se trouve que plus d’une fois, certains clubs ont préfinancé leurs participations aux compétitions africaines et malheureusement ces clubs ont eu des difficultés à  se faire rembourser. Ce qui fait que les clubs ont préféré s’abstenir de participer aux compétitions à leurs charges vu que le remboursement ne se fait pas. De ce fait, depuis un moment, nous n’avons aucune équipe ivoirienne qui participe aux compétitions africaines. Je vous signale qu’une participation à une campagne, pour un club,  coûte au bas mot 40 à 60 millions si éventuellement ces compétitions se déroulent au niveau de la sous-région. En fonction de la destination, le montant est plus élevé.  Chaque année, le ministère octroie une subvention d’une centaine de millions pour toutes les compétitions y compris les sélections nationales et les clubs. Et dans ce cas, il y a des choix à faire comme nous disent les collaborateurs du ministre.  En général, nous privilégions les équipes nationales hommes  et dames.  Même  ce montant ne suffit pas à couvrir  les compétitions au niveau de ces deux sélections.  Vous voyez donc les difficultés que nous avons au niveau des toutes les fédérations sportives.  Je pense que nos autorités doivent repenser la politique de financement de nos sélections nationales et des clubs.

A vous entendre, on s’interroge sur l’importance d’organiser les compétitions si les clubs n’ont pas la possibilité  de participer aux compétitions africaines ?

 Quand vous me demandez à quoi ça sert, je dirai que déjà, il faut créer des activités pour occuper les jeunes. Et ensuite faire de telle sorte que ces équipes puissent sortir pour se frotter aux autres sur le continent. Et cela nécessite tout un environnement économique à mettre en place.

A quel niveau se situe-t-on, s’agissant de la 4e et dernière fenêtre des  phases éliminatoires du mondial 2019 qui se disputera en Chine ?

Nous avons émis le souhait d’organiser  la 4e et dernière fenêtre chez nous à Abidjan, car nous sommes à trois victoires d’une qualification à ce mondial. Mais malheureusement nous n’avons pas encore reçu de réponse officielle de la tutelle. Ce qui fait que nous n’avons pas pu officiellement postuler auprès de FIBA pour organiser cette dernière fenêtre. Aussi, nous n’avons aucune visibilité quant à notre participation à cette dernière fenêtre  pour la simple raison que nous devons encore des primes à nos athlètes qui ont participé à la fenêtre qui s’est disputée à Lagos, au Nigeria. Même si le ministère nous autorise à participer à cette dernière fenêtre, le problème demeure puisque nous devons éponger les arriérés de primes. Le système ivoirien est fait de sorte que les sélections nationales sont gérées par l’Etat.

En somme, pour des primes impayées, la Côte d’Ivoire risque de ne pas participer à la dernière fenêtre qualificative pour les phases finales d’une coupe du monde ?

Oui malheureusement et on risque ainsi de freiner l’envie de cette génération  qui veut offrir une phase finale de la coupe du monde à la Côte d’ivoire.

  Pour terminer, un de vos collaborateurs a été récemment promu au sein des forces armées. Quel sentiment, cela vous inspire-t-il ?  

 Le colonel major Ali Dem est un  fervent amoureux de la balle au panier et depuis plusieurs années il fait beaucoup pour le basketball ivoirien. Il a été nommé Chef d’État-major des armées de terre, et la fédération ivoirienne et tous les amoureux du basket ne peuvent que se réjouir de cette promotion. Aujourd’hui il est le conseiller spécial du Président de la Fédération et il est toujours disponible pour la chose du basket. Et nous ne pouvons que lui souhaiter le meilleur dans sa carrière.

     Réalisée par L. KEITA 




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